Soumis par Ronnie Hall le
Nos océans ne sont pas un terrain d’essai pour les expériences à but lucratif ou les paris risqués sur les marchés du carbone !
Seafields, une start-up basée au Royaume-Uni, prévoit d'intensifier la production d'algues dans la mer des Caraïbes, dans le but principal de générer des crédits carbone sur les marchés du carbone. L’entreprise cultive des sargasses, une espèce d'algues invasive, et elle prévoit de déployer ses activités au-delà des Caraïbes et d’établir une « méga-ferme » dans le gyre de l'Atlantique Sud couvrant environ 700 000 million de km² – l’équivalent de la superficie de la Zambie.
Seafields compte utiliser deux technologies contestées d’« élimination de carbone » : l'immersion d'algues dans les profondeurs océaniques et la remontée d’eau artificielle (REA), qui consiste à pomper de l'eau froide des profondeurs vers la surface. Ces technologies sont deux exemples de géo-ingénierie marine controversées et dangereuses qui visent à modifier les océans du globe au nom de l'atténuation du changement climatique.
Il s’agit dans les deux cas de fausses solutions qui restent théoriques et n’ont pas fait leurs preuves en tant que méthodes de piégeage du carbone.
Étant donnés les potentiels effets néfastes de ces deux technologies sur l’océan, elles font actuellement l’objet d’une surveillance dans le cadre de la Convention de Londres et du Protocole de Londres (LC/LP) qui régissent les activités susceptibles de polluer le milieu marin.
Néanmoins, Seafields poursuit son projet dans les Caraïbes, faisant miroiter sa fausse promesse de résoudre la crise de la prolifération de sargasses en Amérique latine… en cultivant encore plus de sargasses ! Pour que son modèle économique soit rentable, le problème initial doit perdurer.
Ce schéma a déjà été observé pour de fausses solutions climatiques comme REDD et REDD+ , où les entreprises utilisent le discours de la durabilité pour éviter de réellement réduire leurs émissions. Aujourd’hui, ces mêmes tactiques menacent nos océans : la promotion de « solutions » technologiques non testées, à haut risque, plutôt que de véritables mesures climatiques.
Les écosystèmes algaux naturels ou gérés de manière traditionnelle comptent parmi les zones les plus riches en biodiversité et les plus productives de la nature. Ils constituent un élément clé de la sécurité alimentaire durable et une base cruciale des moyens de subsistance de nombreux paysans et peuples autochtones. Les peuples autochtones et les communautés locales rejettent la monoculture des algues du fait de la menace qu’elle fait peser sur leur culture et leur économie local.
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